voici un extrait d'une nouvelle commencée hier:
" elle avait toujours aimé se promener sur la plage de la
Baule à marée basse. Les jours de grande marée, on pouvait marcher jusqu'au
Pouliguen et ramasser des coques et quelques moules sur les rochers. Mais
c'était une plage très civilisée, rien à voir avec la Côte Sauvage. Quand elle
venait à la Baule, c'était par le train et elle n'allait pas sur la Côte
Sauvage.
ce qu'elle aimait par-dessus tout, c'était le craquement particulier des coquillages sous ses chaussures, et la remontée de l'eau dans ses traces. C'était aussi le souvenir des étés passés, avec ses enfants et son mari. Longtemps, une autre vie.
ce weekend de l'Ascension, elle avait décidé de venir seule et de se promener à marée basse, elle allait rarement du côté de l'avenue des Evens, le marché était détruit, on espérait que les nouvelles halles seraient prêtes pour la saison estivale mais ce n'était pas sûr.
elle se sentait comme ces crustacés dans les aquariums du marché, ou comme ces coques à demi ouvertes qui suffoquaient sur le sable mouillé. Elle ne savait pas si une coque suffoquait. Elle l'imaginait seulement. Il lui avait fallu trois longues années pour sortir de cette histoire qui n'en fut même pas une, mais qui avait bien failli la submerger et l'engloutir. Elle se disait maintenant que cela avait été une belle histoire mais que, si elle était honnête, elle avait failli se noyer pour rien, un peu comme ces enfants qui perdent pied sous la vague alors qu'ils sont tout près du bord."

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