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jeudi 28 juin 2012

façades et jardins

regarde-t-on vraiment ce qui nous entoure, comme si on était en vadrouille, en vacances, en visite?

tout près, ici, des merveilles.






mercredi 27 juin 2012


Ecrit pour Ro et pour le WTC, un jour d'atelier d'écriture.

" Elle tombe en extase devant l’installation de l’artiste chinois, elle n’en revient pas de voir ça, des ombres projetées sur le sol même, en boucle, en défilement ininterrompu, des objets qui tombent inlassablement, de bas en haut, dans la rue, elle revoit les images des tours, qui s’effondrent inlassablement, de haut en bas, elle s’arrête de marcher, elle pense à elle, de l’autre côté, elle se demande, si elle est ou non, dans l’une des tours, elle se dit que l’artiste chinois comprend ce que personne d’autre ne comprend,  les fils électriques forment une croix, les oiseaux se posent sur les fils électriques, et sur la croix, les oiseaux se posent sur l’arbre qui fleurit en plein hiver, pour elle que l’arbre fleurit en plein hiver, pour elle qu’on plante l’arbre devant l’école, l’installation de l’artiste chinois n’en finit pas de faire monter les objets du bas vers le haut, ce qu’elle voit, en surimpression, ce sont des corps qui tombent, son corps à elle qui tombe, inlassablement, une tombe ça va toujours vers le bas, c’est ça qui est drôle, un arbre qui fleurit, avec des oiseaux qui chantent, et des fils électriques, ça va toujours vers le haut, elle continue de regarder les ombres chinoises sur le sol, qui s’élèvent de bas en haut  sur le sol, elle pleure, elle ne la revoit pas, elle voit simplement un arbre qui fleurit en plein hiver, contre toute attente, pour la première fois, en 7 ans, elle se sentait bien sur son balcon en ville, devant les tours, entre ciel et bitume, entre terre et nuages, elle la sent derrière elle, elle met la table, coupe le pain aux olives, elle vient la rejoindre sur le balcon, ni en haut, ni en bas, juste ensemble, à regarder les tours, qui n’y sont plus, et l’arbre qui continue de fleurir, pour elle, en plein hiver. "

jeudi 14 juin 2012

humour macadréen


je retrouve cette photo cachée dans mon BB

mardi 12 juin 2012


 Un bol de P H O, s'il vous plaît


Se citer? c'est quand même le comble du narcissizzme?

Mais qui va citer la pauvre petite Brigitte, sinon elle-même!



" Alice: Il a pris un aller simple pour Saïgon. Comme ça.  Je me suis dit, je vais aller le chercher. Je sais le ramener. Même lorsqu'il est comme ça. Le visage rentré, les yeux en dedans.  Je pourrais avoir une autre bière? ( Paul se lève, va chercher  une bière dans une glacière et la lui tend.) Merci. J'aurais peut-être pas dû.   J'y comprends rien, à son départ,  à ce pays. A sa voix, tout à l'heure. Et comment j'aurais fait, sans vous?

Paul:  Vous allez vous y faire,  vous venez d'arriver, normal que ça vous semble difficile. Vous n'êtes pas la seule.  Je vais à l'aéroport tous les jours, j'attends l'arrivée  de vos compatriotes.  Quand ils arrivent, ils sont perdus. Comme vous. Comme Jean. Surtout comme Jean.  Alors je les guide, je leur trouve des chambres.  Alors je les aide, je suis là, pour eux. Pour mon père.  Mon père aimait beaucoup les Français. C'est  pour ça que je m'appelle Paul, vous voyez,  Paul Valéry, Paul Morand, Paul Eluard, Paul.   Demain, si vous voulez, nous irons voir Jean.

Alice: C'est trop tôt.  Il me fait peur quand il est comme ça, surtout quand il dit, ne t'inquiète pas et que sa voix me dit le contraire. Il est venu chercher quoi, dans ce pays, il n'aime pas les voyages, il est perdu sans moi.

Paul: Alors, nous attendrons, nous irons après-demain. Le Vietnam, la première fois, ce n'est jamais facile.

Alice:  La première fois sans lui, c'est ça qui n'est pas facile.  Il dit toujours, laisse, tu ne comprendrais pas, mais il n'essaie pas de me dire, de m'expliquer.

Paul: Vous êtes fatiguée. Il ne faut  plus fumer, ne plus boire de 333. Une soupe, plutôt, un bol de Pho, je vais dire à la cuisinière de vous monter un bol de Pho.

Alice: Je pourrai presque me reposer. Mais ces bruits,  cette chaleur. On s'y fait?

Paul: Je vais dire à la cuisinière de vous monter un bol de Pho.

Paul se lève  et disparaît un instant. Alice reste seule, allume une cigarette, fait rouler le briquet entre ses doigts, boit une gorgée de 333.  Elle n'a pas bougé quand Paul revient.

Paul: Le Pho, le bouillon gras, les morceaux de bœuf tendre, le vermicelle gluant, ça glisse, ça calme, vous allez voir, ça.

Alice:  Cho Ben Thanh. Des marchands de Pho, partout. Ils prennent un bol, le remplissent, lentement. Et moi,  hébétée après une nuit dans l'avion, la gifle du bruit, de la chaleur. J'ai voulu, avoir l'air, faire comme eux, acheter un bol de Pho, j'avais oublié mon argent, je sais pas m'y prendre, j'oublie tout. Sans lui. J'ai beau essayer, j'y reviens toujours. A Cho Ben Thanh, tout à l'heure, je l'ai vu.

Paul: Vous l'avez vu, sur le marché? Vous lui avez parlé?

Alice: Il avait une tunique blanche  et un pantalon blanc. Des sandales aux pieds. J'ai pas osé, pas eu la force. De toute façon, ça ne sert à rien, il a raison, je ne comprends rien, moi, sans lui.

Alice éclate en sanglots. Paul se rapproche, pose ses deux mains sur les épaule d'Alice. Sa voix est douce. La cuisinière apporte un bol de Pho fumant.

Paul: Vous êtes fatiguée. Tenez. Buvez et mangez le Pho. Nous irons chercher Jean, demain ou après demain.  Mangez et buvez. Demain, ou après-demain, vous lui parlerez, vous le reconnaîtrez. Saïgon, Cho Ben Thanh, les vêtements blancs, ce sont de bonnes raisons. Pour s'y perdre, pour ne pas le reconnaître, pour être fatiguée. Il vous a semblé étranger. C'est peut-être vous, l'étrangère.

Paul se lève.

Je vous laisse. Pour la douche, n'oubliez pas de remettre la bonde, les cafards sortent avec l'eau chaude si on oublie de remettre la bonde. Chez nous, le blanc, c'est la couleur du deuil."



vendredi 8 juin 2012

la plus belle musique de l'univers


clin d'oeil...


le roi danse

moonrise kingdom

Rondeau d' Abdelazer, ze original

comme ça j'arrêterai de les chercher à chaque fois.
je soigne mon TOC



jeudi 7 juin 2012

Je viens de trouver un questionnaire rigolo sur Dany Laferrière dans une émission canadienne, "On lit quoi...?" 


J'adore ce type de questionnaire, mais je vais prendre le temps de le faire.


Cheikh m'a offert Je suis un écrivain japonais du même Laferrière, d'où cette recherche. Il y est question d' écrivain haïtien vivant à Montréal, qui se dit japonais sans être allé au Japon, de titre sans roman, de personnages qui s'appellent Mishima, ou Murakami, c'est poétique et nonchalant.





Quel livre as-tu relu le plus souvent?

Quel est le livre qui t’a le plus marqué?

On lit quoi… en train?

On lit quoi… dans un café?

On lit quoi… à voix haute à une femme?

Quand on veut comprendre les femmes?

Quand on veut comprendre les hommes?


Si on ne veut pas se casser la tête?




Bon. je donnerai mes réponses plus tard.





Et ceux qui m'aiment et me lisent peuvent le faire, à défaut de prendre le train.







mardi 5 juin 2012

quand j'ai fini un travail, je vais au théâtre...


depuis le départ des enfants de la maison,je retourne au théâtre.
et comme toujours, je suis une boulimique, je suis une addict, je suis dans l'affect, comme on dit dans psychologie magazine - bon, j'y vais beaucoup, et je raffole des festivals, des formes courtes et inachevées, des spectacles qui s'enchaînent comme un marathon de mots, d'images et de corps.


pourtant, il me reste peu de choses en réalité, et si je suis honnête, si je ne consulte pas mon agenda ou mes bouts de tickets, je ne me souviens spontanément que de certains.


celui-ci

celui-là

celui-ci aussi

ah oui

sans oublier

ni oublier celui-ci

et le dernier en date, au palais du Tau

j'allais oublier!

peu de théâtre alors, et tout à voir avec la nostalgie de l'enfance perdue, la violence et la mort,  et une certaine forme de joie, normal quoi