Ecrit pour Ro et pour le WTC, un jour d'atelier d'écriture.
" Elle tombe en
extase devant l’installation de l’artiste chinois, elle n’en revient pas de
voir ça, des ombres projetées sur le sol même, en boucle, en défilement
ininterrompu, des objets qui tombent inlassablement, de bas en haut, dans la
rue, elle revoit les images des tours, qui s’effondrent inlassablement, de haut
en bas, elle s’arrête de marcher, elle pense à elle, de l’autre côté, elle se
demande, si elle est ou non, dans l’une des tours, elle se dit que l’artiste
chinois comprend ce que personne d’autre ne comprend, les fils électriques forment une croix, les
oiseaux se posent sur les fils électriques, et sur la croix, les oiseaux se
posent sur l’arbre qui fleurit en plein hiver, pour elle que l’arbre fleurit en
plein hiver, pour elle qu’on plante l’arbre devant l’école, l’installation de
l’artiste chinois n’en finit pas de faire monter les objets du bas vers le
haut, ce qu’elle voit, en surimpression, ce sont des corps qui tombent, son
corps à elle qui tombe, inlassablement, une tombe ça va toujours vers le bas,
c’est ça qui est drôle, un arbre qui fleurit, avec des oiseaux qui chantent, et
des fils électriques, ça va toujours vers le haut, elle continue de regarder
les ombres chinoises sur le sol, qui s’élèvent de bas en haut sur le sol, elle pleure, elle ne la revoit
pas, elle voit simplement un arbre qui fleurit en plein hiver, contre toute
attente, pour la première fois, en 7 ans, elle se sentait bien sur son balcon
en ville, devant les tours, entre ciel et bitume, entre terre et nuages, elle
la sent derrière elle, elle met la table, coupe le pain aux olives, elle vient
la rejoindre sur le balcon, ni en haut, ni en bas, juste ensemble, à regarder
les tours, qui n’y sont plus, et l’arbre qui continue de fleurir, pour elle, en
plein hiver. "
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